Filé et vitesse d'obturation

La vitesse d'obturation

La vitesse d’obturation est le temps d’ouverture de l’obturateur qui permet à la lumière d’exposer le capteur. Cette durée d’exposition encore appelé temps de pose influe sur la netteté ou le flou d’un sujet en mouvement. Elle est un des 3 paramètres avec l’ouverture et la sensibilité ISO qui contrôle l’exposition de l’image.

 

Qu’est-ce-que l’obturateur ?

C’est le mécanisme permettant de laisser entrer la lumière sur la surface sensible (pellicule ou capteur) pendant une durée donnée.

Trois types principaux existent :

  •  électronique : un signal va activer ou désactiver le capteur numérique de l’appareil. Il est d’une grande précision et agit sur une très large plage de vitesse. Il équipe la grande majorité des boitiers numériques, et il est couplé sur les reflex numériques à un obturateur mécanique.
  • mécanique : il se situe juste devant la surface sensible, au plus près du plan-focal ; on l’appelle aussi obturateur plan focal du fait de cette position. Son action est de s’ouvrir et de se fermer suivant le réglage sélectionné qui détermine ainsi le temps de pose. Il existe deux types d’obturateurs mécaniques : celui à lamelles métalliques, le plus répandu sur les reflex, et celui à rideau.
  • central : ce type de mécanisme en iris, composé de lamelles articulées (comme le diaphragme se trouvant dans les optiques) équipe les objectifs des appareils moyen format ou de chambres photographiques. Ce modèle d’obturateur précis ne va pas plus vite que le 1/500 s.

trois obturateurs et la vitesse d'obturation

 

La durée d’exposition :

La vitesse est une grandeur de temps et elle s’exprime en secondes ou fraction de secondes en photographie ( 1s, 1/60, 1/500,etc,…). Comme cité plus haut, la durée d’exposition dépend de l’obturateur. Les valeurs de la vitesse, donc du temps de pose, sont normalisées. Dans le menu ou sur la molette du boitier, on trouve ainsi les valeurs : 4 – 2 – 1 -1/2 – 1/4 – 1/8 – 1/15 – 1/30 – 1/60 – 1/125 – 1/250 – 1/500 – 1/1000 – 1/2000 -1/4000 voire 1/8000 et plus sur les boitiers haut de gamme.

La quantité de lumière exposant la surface sensible est multiplée ou divisée par 2 lors du passage d’une valeur à une autre.

Ainsi, lorqu’on passe d’une durée de 1/125 à 1/250 sec, la vitesse est deux fois plus courte : il rentre deux fois moins de lumière.
De même, de 1/60 à 1/30 sec, la vitesse est deux fois plus longue : il rentre deux fois plus de lumière.

Cela vous rappelle-t-il quelque chose, ce doublement ou cette division par 2 entre deux valeurs successives ? 🙄

Et oui 😀 : c’est la même progression que pour l’ouverture du diaphragme avec une quantité de lumière rentrant deux fois plus ou deux fois moins.

 

Couple vitesse/ouverture:

Les programmes et modes automatiques des appareils photos gèrent l’exposition pour vous. Ils adaptent en fonction de la luminosité du sujet, pour une sensibilité ISO donnée, la vitesse d’obturation et l’ouverture du diaphragme. Vitesse et ouverture sont liées pour obtenir une exposition constante quelque soit le réglage choisi par le calculateur interne du boitier : c’est ce qu’on appelle le couple vitesse/ouverture.

Par exemple à 100 ISO, si la mesure du sujet photographié donne les valeurs :
f/8 et 1/60 s
on pourrait tout aussi bien avoir les réglages suivants :
f/5,6 et 1/125 s – f/4 et 1/250 s  – f/11 et 1/30 s  – f/16 et 1/15 s

Comparons le couple f/8 et 1/60 s avec celui de f/11 et 1/30 s

A f/11, deux fois moins de lumière rentre qu’à f/8 et donc la vitesse est ajustée au 1/30 s pour augmenter la durée de deux fois plus qu’au 1/60 s. L’exposition est donc constante entre ces deux couples.

 

Modification de la vitesse d’obturation:

Le réglage de la vitesse d’obturation est accessible sur le boitier par les deux modes suivants :
• Mode priorité à la vitesse , indiqué Tv ou S : vous réglez en priorité la vitesse, l’appareil adapte automatiquement l’ouverture et l’ISO (si vous êtes en ISO auto).

• Mode manuel , indiqué M : vous réglez la vitesse désirée par votre menu ou en tournant la molette sur le boitier. Vous devez ajuster l’ouverture du diaphragme ou de l’ISO avec l’aide de l’indicateur d’exposition présent dans votre viseur ou votre écran de contrôle

la vitesse et le principe d'obturation

 

Le bon choix de la vitesse :

Le choix de la vitesse doit être décidé en fonction de :
– la focale choisie
– la vitesse de déplacement du sujet photographié
– l’effet ou rendu du mouvement que l’on souhaite obtenir

La longueur focale

En prise de vue à main levée, il est important d’une part de ne pas bouger et d’autre part, d’adapter une vitesse d’obturation en fonction de la longueur focale choisie pour éviter tout risque de flou sur l’image.

Je vais vous donner une astuce pour mémoriser le choix à faire:
– pour une focale de 60 mm, ne descendez pas en dessous du 1/60 s
– avec un 125 mm, ne shootez pas en dessous du 1/125 s
– et si vous utiliser un téléobjectif de 300 mm par exemple, la vitesse de capture doit être au-dessus du 1/300 s (utilisez alors un monopole ou un pied)

Comme vous pouvez le constater une sorte de règle se dégage :
choix de la vitesse =1/longueur focale

Pour les possesseurs de boitier avec un capteur de type APS, la formule est dans ce cas de 1/longueur focal X 1,5. En effet, un 100 mm avec APS correspond à un 150 mm avec un capteur plein format 24X36 mm.

 

La vitesse du déplacement du sujet

En extérieur et dans de bonnes conditions de lumière, pour figer sur l’image un sujet en mouvement, il est préférable d’opter pour une vitesse supérieure à 1/250 s; Celle-ci doit être d’autant plus courte que votre sujet se déplace rapidement.

Prenons l’exemple de mon amie Sylvie en plein entraînement 😛

exemple de la vitesse d'obturation
Pour bien arrêter le mouvement de sa course, je règle la vitesse d’obturation sur 1/500 s car j’ai une bonne lumière me permettant de garder un ISO à 100. (là, vous vous dites que je suis bien au-dessus du 1/250… l’air de rien, Sylvie court vite 😆 )

 

L’effet de mouvement

Le rendu du mouvement est très subjectif. Il peut s’obtenir de plusieurs manières.

Si l’on souhaite retranscrire un effet de vitesse, on peut utiliser un temps de pose un peu plus lent. Je vous laisse apprécier l’atmosphère de la photo ci-dessous. L’athlète semble en pleine vitesse. Ses membres sont flous et leurs mouvements apparaissent décomposés. La vitesse choisie de 1/25 s permet de rendre la célérité de la course et pour accentuer cette impression je suis avec mon appareil Sylvie dans mon viseur afin d’obtenir cet effet de filé sur le paysage d’arrière-plan.

deuxième exemple de la vitesse d'obturation

 

La photo ci-dessous est prise au 1/4 s. J’opte pour cette vitesse au moment de la prise de vue pour obtenir un effet de filé d’arrière-plan plus marqué. La netteté du sujet est satisfaisante ; on ne recherche pas le piqué dans ce type de photographie.

Filé en photographie

 

On peut aussi mettre son appareil sur un pied ou un beanbag et travailler à vitesse lente. Ainsi, le sujet en mouvement sera flou et son environnement net.

Observons sur l’exemple ci-dessous, l’effet obtenu.
Sur la vue de gauche, la vitesse était réglée sur 1/250 s,
et sur celle de droite, sur 1/4 s.

Le choix de ce temps de pose lent permet de rendre l’écoulement de l’eau flou tout en gardant les rochers nets du fait de l’utilisation d’un pied. On a l’impression d’un flux permanent.

comparatif de la vitesse d'obturation

Tout comme l’ouverture du diaphragme, la vitesse d’obturation permet de gérer non seulement l’exposition mais aussi d’obtenir de nombreux effets.

 

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